Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a déclaré samedi qu'il fallait faire "correspondre le droit et l'intérêt national" après l'annonce de l'attribution d'un marché public à un prestataire installé au Maroc par la région Ile-de-France.
"Quand il y a une commande publique, nous devons être attentifs à ce qu'il n'y ait pas délocalisation d'emplois, ne pas avoir recours à la délocalisation si elle n'est pas indispensable", a déclaré M. Cuvillier sur France Inter.
"Il ne s'agit pas de protectionnisme mais de privilégier l'emploi (en France)", a-t-il poursuivi en rappelant qu'il existait des centres d'appels dans le pays et notamment dans sa ville de Boulogne-sur-Mer.
"Il y a des règles de marchés publics et il faut faire correspondre le droit et l'intérêt national", a-t-il ajouté.
En marge d'un déplacement dans les Yvelines la veille, le président François Hollande avait appelé les responsables publics, dont le président socialiste de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, à être "très attentifs" à l'emploi en France.
Il les a exhortés à "faire prévaloir", autant qu'il est possible au regard des règles existantes, "le travail en France".
Le ministre a par ailleurs indiqué qu'une commission allait être mise en place "dès septembre pour réorienter l'investissement public" dans le cadre du schéma national d'infrastructures de transport (SNIT).
Frédéric Cuvillier a de nouveau dénoncé les promesses du précédent gouvernement, faisant état de projets pour un montant total de 245 milliards d'euros hors Paris alors qu'il n'y a pas de financement prévu.
"Il ne s'agit pas d'abandonner des projets mais de mettre de l'ordre", a-t-il dit affirmant que les critères pour choisir les projets passeraient par "la qualité, l'efficacité économique" ou encore "le gommage de la fracture territoriale".