Les berges de la Seine
historique du quartier itinéraire piéton en voiture, la voie express
opération piéton / vélo en bateau les bouquinistes


Petit historique du quartier
La vue sur la ville depuis les quais et les berges fait partie des plus belles promenades qu'offre Paris : outre le charme propre au fleuve, les monuments majeurs se sont tournés depuis quatre siècles vers la Seine.

Jusqu'au 14ème siècle il n'y avait pas de quais : descendant en pente douce vers le fleuve, les grèves étaient longées de chemins de halage et interrompues par des ports. Le fleuve était le moyen de transport majeur : le pouvoir municipal trouve d'ailleurs son origine dans la corporation des marchands de l'eau.

Le premier quai bâti fut celui des Augustins, en 1313. Puis les grands monuments comme le Louvre et l'hôtel de Ville bénéficièrent de quais, mais sans continuité. Vers 1530, François Ier fit raccorder les quais existants et la rive droite bénéficia de quais continus au 17ème siècle. Louis XV projeta de faire démolir les maisons édifiées sur les ponts et en surplomb du fleuve, dessein qui ne fut achevé que sous Louis XVI et Napoléon. L'empereur fit construire les derniers quais et facilita la navigation en faisant supprimer les moulins et les lavoirs qui encombraient le fleuve.

Pour éviter trop de dégâts lors des inondations, des travaux de dragage et de construction de murs de soutènement furent entrepris. Achevés en 1855, ils furent suivis par l'édification du barrage mobile de la Monnaie. Haussmann fit planter des arbres sur les rives de la Seine pour en faire un lieu de promenade : en effet, l'activité portuaire était en train de perdre son rôle en raison de la nouvelle concurrence du chemin de fer. Les péniches se spécialisèrent alors dans le transport des matériaux lourds.

Le 20ème siècle vit une nette dégradation des quais qui furent utilisés comme parkings ou comme fourrière. L'augmentation de la circulation automobile les transforma en axes routiers : la voie express rive droite fut achevée en 1967, tandis que la voie rive gauche terminée en 1976 resta finalement plus courte, en raison des nombreuses protestations des habitants. Ces protestations firent prendre conscience aux édiles de la beauté du site des berges de la Seine, qui ont été aménagées comme promenade depuis 15 ans. Sur une trentaine de kilomètres de berges, une dizaine est désormais réservée aux piétons. Enfin, les berges ont été classées en 1992 "trésors du patrimoine mondial" par l'Unesco, du pont de Sully au pont d'Iéna. La promenade est particulièrement agréable au début et en fin de journée, lorsque l'eau du fleuve reflète le soleil frôlant l'horizon.

Opération Piétons-Vélos par la Ville de Paris
Dès les beaux jours l'accès des voies sur berge est réservé aux piétons, rollers, cyclistes tous les dimanches de 10h à 17h. Rive-droite du quai des Tuileries jusqu'au quai Henri IV, rive gauche du quai Anatole-France jusqu'au quai Branly.

L'itinéraire piéton
Départ rive droite place de la Concorde

Concorde
Destinée à accueillir la statue de Louis XV, l'ancienne "place Louis XV" rompit avec la tradition des places royales fermées afin de respecter la perspective des Tuileries. Elle ne fut donc bâtie que sur un seul côté par deux palais monumentaux inspirés de la colonnade du Louvre. Les fossés rectilignes engazonnés et fleuris qui encadraient la place ont été remplacés aujourd'hui par des balustrades.
Pendant la Révolution, la guillotine était installée sur la place "de la Révolution" au début des Champs-Elysées. Après l'épisode sanglant des exécutions de Louis XVI, Danton, Robespierre et 1100 autres personnes, elle devint place de la Concorde en 1795. Rebaptisée place Louis XV après 1815, elle reprit son nom actuel en 1830. A la place de la guillotine ont été installées des copies des Chevaux de Marly.

Cadeau de l'Egypte, l'obélisque de Louxor, fut dressé en 1836 par Louis-Philippe. Le roi des Français cherchait un monument qui "n'éveilla point les passions", ni celles des révolutionnaires, ni celles des royalistes. Après 1830 on ajouta deux fontaines et des colonnes ornées d'une proue de navire, emblème de la capitale.

En face s'élève la façade postiche de l'Assemblée...

Assemblée Nationale
Le palais Bourbon fut construit en 1726 pour une fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, veuve du duc de Bourbon. Il n'en reste que la façade d'entrée rue de l'Université. Ses jardins descendaient en terrasse jusqu'à la Seine. Le prince de Condé, petit fils de la duchesse fit agrandir l'hôtel et lui adjoignit l'hôtel de Lassay mitoyen. C'est aujourd'hui la résidence du président de l'Assemblée nationale. La Révolution confisqua le palais pour réunir le Conseil des Cinq-Cents en 1795. La "salle des séances" alors construite est l'actuel hémicycle toujours utilisé. C'est à ce moment-là qu'apparut la notion de gauche et de droite : les monarchistes s'étaient mis à droite de l'orateur, les révolutionnaires à sa gauche. Au centre s'étalait "le marais".
En 1807, Napoléon fait construire l'actuelle façade sur la Concorde, placage purement décoratif. Son style antique, caractéristique de l'époque impériale, devait répondre à la colonnade de la Madeleine édifiée au même moment. Aujourd'hui, les députés de l'Assemblée nationale, élus au suffrage universel direct pour 6 ans, ont pour rôle d'examiner les projets de lois, de les discuter, de les amender et de les voter. Pour que la loi soit définitivement adoptée, elle doit être également votée sur un texte identique par le Sénat, l'autre assemblée du Parlement.

On continue en longeant la terrasse du jardin des Tuileries...

Tuileries
En 1666, André Le Nôtre transforma l'ancien petit jardin du palais des Tuileries en parc à la française, en créant une large allée qui fut l'ébauche des Champs-Elysées. Intégré aux transformations du Grand Louvre, le jardin achève sa restauration. Une centaine de statues ornent le jardin dont 18 statues de Maillol.

En face s'élève l'imposante gare d'Orsay...

Musée d'Orsay
L'ancienne gare d'Orsay construite en 1897 par Victor Laloux fut abandonnée en 1939 car ses quais n'étaient pas assez longs pour les trains électriques. Promise à la démolition depuis 1961, elle doit son salut à l'émotion suscitée par la destruction des halles de Baltard en 1971 et à l'intérêt porté soudain au patrimoine architectural du 19 ème siècle.
Après plusieurs projets (notamment un immense hôtel moderne), le président Valéry Giscard d'Estaing choisit d'y implanter le musée de la deuxième moitié du 19 ème siècle. Le projet choisi conservait intégralement les bâtiments existants, mais recomposait les volumes intérieurs. Le musée est l'un des plus beaux du monde. Consacré à la peinture et la sculpture, il expose de nombreux chefs d'oeuvre impressionnistes de Manet, Degas, Monet, Pissaro, Renoir, Cézanne, van Gogh, Seurat, Matisse, Gauguin, Toulouse-Lautrec. Le café offre une belle vue sur la Seine.

On continue en longeant le palais du Louvre...

Le Louvre
Château fort médiéval, résidence des rois de France, galerie d'art royale puis immense musée, le palais du Louvre a été soigné et enrichi par toutes les époques et tous les régimes politiques. En 1190, Philippe-Auguste construisit une forteresse pour renforcer sa muraille aux abords de la Seine. Les récents travaux en ont dégagé les douves et le donjon, que l'on peut voir dans le "Louvre médiéval". A partir de 1515, François Ier commença à transformer l'ancien château-fort en palais Renaissance. Henri IV engagea en 1594 le grand projet de réunir le Louvre au château des Tuileries, par deux longues galeries consacrées aux collections d'art du roi.
Au 17 ème siècle, le Louvre marqua l'évolution du goût du roi vers le classicisme français : pour construire la grande colonnade classique de l'entrée, Louis XIV préféra le projet régulier de Claude Perrault au dessin baroque du Bernin. Devenu musée en 1793, le Louvre connut ses ultimes transformations sous le second Empire, lorsque les galeries situées de part et d'autre de la cour Napoléon furent achevées. Mais au moment où le dessein originel de relier le palais du Louvre aux Tuileries était achevé, le château des Tuileries était incendié par la Commune en 1871...

Le musée aborde l'art de toutes les époques jusqu'au 19 ème siècle. Les principales sections sont les antiquités orientales, égyptiennes, grecques et romaines, la sculpture et la peinture françaises du 14ème au 19ème siècle, la peinture italienne et des écoles du nord.

Samaritaine
Les quatre magasins de la Samaritaine construits de 1900 à 1930 constituent une belle anthologie de l'architecture commerciale du début du siècle. Collectionneurs de peinture, Ernest Cognacq et son épouse Louise Jay firent surtout partie des fondateurs de grands magasins du 19 ème siècle. Leurs principes novateurs (prix fixes et affichés, possibilité d'essayer les vêtements) leur attirèrent une clientèle de plus en plus nombreuse.
Trop petite, la boutique de 1869 dut être remplacée 30 ans plus tard par un nouvel édifice. Achevé en 1910 par Frantz Jourdain, le bâtiment à structure métallique et grandes baies vitrées était assez révolutionnaire. En 1928, pour la construction du magasin n° 2 situé face à la Seine, la commission esthétique de la Ville de Paris ne voulait pas d'éléments métalliques à proximité du Louvre et la direction de la Samaritaine voulait une façade en pierre. Alors les architectes Henri Sauvage et Frantz Jourdain façonnèrent une structure métallique entièrement couverte de pierre de taille et de sculptures Art Déco. L'intérieur a conservé les remarquables escaliers en ferronnerie Art nouveau, les fresques colorées et la verrière de la même époque. Au 9 ème étage, la terrasse (ouverte de Pâques à octobre) donne une belle vue sur le centre de Paris. La table d'orientation date des années 1930.

En face de la Samaritaine débouche le Pont-Neuf. La promenade reste sur la berge...

Pont Neuf
Comme son nom ne l'indique pas, c'est l'un des premiers ponts en pierre et le plus ancien pont de Paris. Commencé en 1578 pour faciliter les relations entre le Louvre et l'abbaye de Saint-Germain des Prés, il ne fut inauguré par Henri IV qu'en 1607. Les deux parties du pont ont été réunies par un terre-plein artificiel issu de la jonction de deux petites îles de la Seine. Le Pont-Neuf eut immédiatement beaucoup de succès auprès des promeneurs qui apprécièrent ses innovations architecturales : l'absence de maisons qui permet la vue sur le fleuve et le Louvre, sa largeur accentuée par les demi-lunes aménagées au dessus de chaque pile, les trottoirs protégeant de la boue et des cavaliers.
Le pont devint bientôt le cadre d'une animation perpétuelle : marchands ambulants, bouquinistes, badauds se retrouvaient notamment près de la pompe de la "Samaritaine", pompe à eau installée à l'époque d'Henri IV qui alimentait la ville en eau. Les candélabres du 19ème siècle ont été dessinés par Victor Baltard...

Châtelet et ses deux théâtres
La place fut aménagée en 1808 à la place de l'ancienne forteresse du Châtelet qui protégeait l'entrée de Paris jusqu'à 1802. Réaménagée dans les années 1860 par Haussmann, la place est alors bordée par le théâtre du Châtelet et le théâtre de la Ville, dirigé par Sarah Bernhardt de 1898 à 1923. Edifiés par Davioud, les deux théâtres sont caractéristiques de la discrétion voulue par le préfet de la Seine : hormis leur façade classiquement monumentale, ils se fondent dans une architecture à l'échelle des immeubles voisins, dont n'émerge que le volume de la salle de spectacle. Côté Seine, les façades respectent l'alignement des autres immeubles.

En face s'élève la Conciergerie avec ses tours médiévales...

Conciergerie
Dans l'ancien palais royal des Capétiens, on appelait "Conciergerie" les lieux soumis à l'autorité du gouverneur de la maison du roi : grand seigneur, le concierge percevait de gros revenus de la location des boutiques installées au rez-de-chaussée. En 1596, on dénombrait 224 boutiques de coiffeurs, libraires, orfèvres, marchands de vin... Lorsque les tours du palais servirent de prison à partir du 14 ème siècle, les revenus du concierge se trouvèrent accrus par les loyers des cachots et de la location du mobilier des cellules.
A la Révolution les bâtiments furent aménagés pour recevoir de nombreux détenus et condamnés. La galerie des Prisonniers était l'antichambre du tribunal révolutionnaire voisin. Pendant la Terreur de janvier 1793 à juillet 1794, près de 2800 prisonniers partirent d'ici vers la guillotine, dont Marie-Antoinette, Philippe-Egalité, mais aussi Danton, Desmoulins, les Girondins, Saint-Just, madame Roland, Charlotte Corday. On visite aussi la cour des femmes, le cachot de Marie-Antoinette reconstitué et la chapelle expiatoire aménagée en 1817 à l'emplacement de l'ancienne cellule de la reine.

Le long des berges, le paysage se poursuit avec l'hôtel de Ville...

Hôtel de Ville
La municipalité parisienne est issue de la corporation des marchands de l'eau. Accordé par le roi en 1170, le monopole de l'approvisionnement par voie fluviale leur conférait un pouvoir considérable puisque le commerce se faisait alors principalement par bateau.
En 1246, saint Louis crée la première municipalité : les bourgeois de Paris élisent des échevins qui les représentent auprès du roi. Leur chef est appelé "prévôt des marchands" et le sceau des marchands de l'eau, les plus puissants, est adopté : c'est le fameux bateau qui "flotte et ne sombre pas" ("fluctuat nec mergitur), qui forme aujourd'hui les armoiries de la Ville de Paris.
En 1357 le prévôt des marchands Etienne Marcel achète une maison donnant sur la petite place de Grève. La "Maison aux piliers" est alors un édifice gothique orné d'arcades au rez-de-chaussée, d'où son nom. Elle est reconstruite au 16 ème puis au 17 ème siècle. Largement remanié, agrandi et décoré au 19 ème siècle sous Louis-Philippe, il brûle entièrement lors de la Commune en 1871. Une souscription nationale permet de le reconstruire en 1882 dans son style d'origine. Le logement du maire de Paris se trouve du côté du quai de l'Hôtel de Ville.

En face commence l'île Saint-Louis...

Ile Saint-Louis
Avant 1614, il n'y avait là que deux îles verdoyantes, l'île aux Vaches et l'île Notre-Dame. L'entrepreneur Christophe Marie fut chargé de les urbaniser, et commença par le pont qui porte aujourd'hui son nom. Achevé en 1630, le pont portait d'abord 50 maisons. Mais les travaux avançant trop lentement, Marie est remplacé par une autre équipe épaulée par l'architecte Le Vau. Les deux îles sont réunies et ceinturées de quais maçonnés, des rues orthogonales sont tracées, un plan d'ensemble régulier est établi, ce qui était nouveau. Les premiers habitants, artisans et marchands, s'installèrent le long des deux rues principales. Les hôtels particuliers plus opulents furent construits par la suite le long des quais pour bénéficier de la vue sur la Seine. Aujourd'hui, c'est un quartier calme et digne, étonnamment préservé des boutiques de souvenirs et des foules bruyantes.

Au pont de Sully, traverser la Seine pour rejoindre les berges de la rive gauche...

Rive gauche
On peut faire une incursion vers le square Tino Rossi. Puis reprendre la promenade des berges vers l'aval...

Square Tino Rossi
En contrebas du quai Saint-Bernard, l'agréable jardin en bord de Seine est agrémenté de sculptures modernes.

Sur la gauche, masquant l'immense université de Jussieu, s'élève depuis 1997 l'IMA...

Institut du Monde Arabe
L'équipe des architectes menée par Jean Nouvel a voulu interpréter dans des matériaux modernes les constantes de l'architecture arabe. Le patio rappelle l'intériorité des maisons méditerranéennes. Sur la façade donnant sur la cour, les fenêtres " moucharabieh " en étoile sont sensées tamiser automatiquement la lumière grâce à leurs cellules photo-électriques. Les architectes ont voulu aussi un "dialogue entre le Paris moderne et le Paris ancien" : le grand bâtiment de la bibliothèque est orthogonal comme Jussieu, tandis que le musée donnant sur le quai, moins élevé, poursuit visuellement le boulevard Saint-Germain. On a une belle vue sur le centre de Paris depuis la terrasse.

En face apparaît le chevet de Notre-Dame...

Notre-Dame
Décidée en 1160, la construction de l'immense édifice fut échelonnée jusqu'en 1330. La cathédrale gothique fut préservée jusqu'au 17 ème siècle, lorsque le retour au goût classique inventa l'expression péjorative "gothique" et altéra la cathédrale. A la demande de Louis XIV, on détruisit le jubé, le maître-autel du choeur pour les remplacer par un décor fastueux. Le portail fut écorné pour permettre le passage des dais monumentaux des processions. Au siècle suivant, on remplaça les vitraux par des verres blancs. La Révolution s'attaqua aux symboles de la religion (les statues des portails) et de la monarchie, l'intérieur fut pillé, Notre-Dame fut consacrée au culte de la déesse Raison. Au 19 ème siècle, "Notre-Dame de Paris" devient un roman de Victor Hugo en 1831 qui contribue au retour en faveur du Moyen-Age. Commencée en 1844, la restauration est notamment réalisée par Viollet-le-Duc. Les pavés du parvis indiquent la disposition des maisons telles qu'elles étaient au Moyen-Age, avant leur destruction par Haussmann. Leur présence accentuait l'effet de grandeur de la cathédrale lorsqu'on la découvrait tout entière. On voit aussi le fameux point zéro des routes de France.
Les berges donnent à voir, à droite, le fameux quai des orfèvres, ancien quai des bijoutiers connu aujourd'hui comme siège de la PJ, la police judiciaire du n° 36. Puis viennent les maisons de la place Dauphine et le square du Vert-Galant. A gauche...

Hôtel des Monnaies
En 1771, Jacques-Denis Antoine construisit l'hôtel de la Monnaie dans le style néo-classique alors en vogue. Des ateliers de fonderie d'art furent aménagés pour la fabrication des monnaies et des médailles. Créé en 1827, le musée raconte la relation des Français avec leur monnaie, objet de la vie quotidienne et de la vie économique. Les monnaies sont présentées en situation et replacées dans leur contexte économique, social, politique et culturel. Les médailles apparaissent à la fois comme support de propagande et comme oeuvre d'art. On finit la visite avec un cycle de fabrication de machines datant du début du siècle.

Institut de France
En 1661, Mazarin légua une partie de sa fortune pour fonder un collège accueillant les plus méritants des jeunes gens issus des nouvelles provinces françaises annexées par le traité de Westphalie. Ces 60 gentilshommes ou fils de bourgeois provenaient de l'Artois, de l'Alsace, du Roussillon et du Piémont (Pignerol), d'où le nom de collège des Quatre-Nations qu'on donna souvent au collège Mazarin. Le beau bâtiment classique fut construit par Le Vau (1663-1691) dans l'axe de la Cour Carrée du Louvre. La fameuse coupole (qui était à l'origine une chapelle) domine deux ailes arrondies se terminant par deux pavillons carrés. Celui de gauche abrite la bibliothèque Mazarine, première bibliothèque publique en France, aux précieuses boiseries anciennes.
En 1795, la Révolution créa l'Institut de France pour rassembler les académies de l'Ancien régime : l'Académie française fondée par Richelieu en 1635, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (documents historiques) et l'Académie des sciences créées par Colbert. Installées dans l'ancien collège Mazarin en 1805, elles ont été complétés peu après par l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des sciences morales et politiques. Les 5 académies, composées de 325 membres élus par cooptation se consacrent toujours à l'encouragement des lettres, des sciences et des arts par des prix, des publications, dont le fameux Dictionnaire de la langue française... Enfin, la promenade se termine par la jolie passerelle du Pont des Arts...

Pont des Arts
Décidée en 1801 par Bonaparte, cette passerelle marque l'avènement du fer et de la fonte au début du 19ème siècle. Elle fut nommé ainsi en référence au palais des Arts, c'est-à-dire le Louvre, qu'elle reliait au collège des Quatre-Nations (l'Institut). Agrémentée de fleurs et d'arbrisseaux, la passerelle piétonnière à un sou la traversée constituait une sorte de jardin suspendu. Mais, pourvue de 9 arches qui gênaient la navigation, trop fragile, elle fut abîmée à plusieurs reprise par le choc de bateaux et fermée au public en 1970. Elle a été reconstruite en 1984 : désormais en acier, elle ne comporte plus que 5 arches.

En voiture, la voie Georges Pompidou
Construite entre 1961 et 1967 au moment où l'on cherchait à adapter la ville à l'automobile, la voie express a coupé la ville de son fleuve. A contrario, la voie offre un beau panorama aux automobilistes qui peuvent longer le fleuve depuis le pont Garigliano à l'ouest au pont d'Austerlitz à l'est. Les deux extrémités se raccordent au boulevard périphérique.
Voie qui connait une forte médiatisation depuis 1997 au niveau du pont l'Alma, scène de l'accident de Lady Diana.

En bateau
Les croisières sur la Seine sont accessibles à partir du port de Suffren, du port de la Bourdonnais, du pont de l'Alma, du Port de Solférino (quai Anatole France), du quai Malaquai, du square du Vert-Galant, du quai de Montebello, du quai de l'hôtel de Ville.

Les bouquinistes le long des quais
Le long de la Seine s'étendent quatre kilomètres de boites à livres, bibliothèque en plein air unique au monde... Les premiers bouquinistes (de "book" ou de l'odeur de "bouc" des reliures en peau de chèvre ?) s'installèrent peu après l'ouverture du Pont-Neuf au début du 17 ème siècle. Ils furent régulièrement chassés par des ordonnances royales. Ce n'est qu'en 1891 qu'ils purent laisser leur caisse de livre sur le parapet, au lieu de devoir l'enlever tous les soirs. Aujourd'hui la Ville accorde des concessions, la taille et la couleur des caissons sont réglementées.
Les caisses de livres se sont plus ou moins spécialisées (ce qui suit n'est qu'indicatif).

Rive droite, les caisses s'étendent quai de la Mégisserie (photos anciennes, BD, littérature), quai de Gesvres (histoire, cinéma), quai de l'hôtel de Ville (romans policiers et de science fiction)

Mais pas devant le Louvre, interdit par le ministre de la culture Malraux.

Rive gauche, on les trouve quai des Grands-Augustins (disques, cartes, journaux, littérature...), quai Saint-Michel (livres insolites, gravures), quai de Montebello (gravures, vieux livres), quai de la Tournelle (policiers et science fiction, cinéphilie).
 
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